jeudi 11 novembre 2010

« Fleurs Fraîches » David Hockney, Dessins sur iPhone & iPad




L’un des artistes le plus influence de l’art contemporain, très connu dans année 1960 pour apporter le mouvement de pop art. Aujourd’hui il revient ici pour un nouveau mouvement de l’art numérique.
L’exposition «  fleurs fraiches » à Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurant, c’est le dessin numérique sur iPhone & iPad avec l’application «  brushes » , pour remplacer la toile et le peinture.
Le nom de l’exposition, « fleurs fraîches » se présent la forme & l’objet de la peinture, la nature contre la vitesse du monde numérique. Dans l’exposition s’organise en 2 grands salons.
Le 1er, ce sont des dessins sur iPhone & iPad installent sur le mur. Ce sont des images fixes ou des clips de la démarche inclus des l’images  de fleur, paysage, nature mort et portrait.  Et sur l’autre mur, le vidéo projecteur présent  le clip de David hockney en travaillant sur l’iPad.
Dans le 2ème salon, il y a un projecteur qui présente tous les dessins sur un grand écran.




Même si des jeunes sont certainement familiers avec l'art numérique, mais ce n'est pas souvent que nous pouvons voir la galerie d'art numérique. 
Medium image numérique peut encore être affiné un peu plus que sur les carnets de croquis et la toile. Même pour un artiste prolifique comme David Hockney, a utilisé cette façon de travailler avec la technologie numérique contre l’ancienne technique.



« Fleurs Fraîches » David Hockney , jusqu’au 30 janvier 2011
Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurant ( de 11h à 18 h )

MV ( 258296 )

MOEBIUS TRANS-FORME

Fondation Cartier pour l'art contemporain
12 octobre 2010 – 13 mars 2011

Depuis sa la toute première jeunesse, il n'a jamais cessé d'explorer les infinies possibilités de création offertes par une imagination tellement explosive qu'elle n'a pas pu être contenue dans un seul crâne. Jean Giraud a du se faire accompagner par d'autres conteneurs d'imagination et par d'autres imaginaires, ceux de Moebius et de Gir, ses pseudonymes, ses autres soi-même, multiplicateurs d'idées et de ressources.
Le témoignage de la richesse et de la multiplicité de son œuvre est le propos principal de la première grande exposition qui lui a été jamais consacrée à Paris(1).
Axe centrale de l'exposition – choisi par Jean Giraud même, qui a participé à la réalisation avec Moebius Production – la métamorphose parcourt l'ensemble des espaces de la fondation.
Le rez-de-chaussé ouvre avec une panoramique de ses publications, de Bluberry - série western très populaire de 1963, née pour le magazine Pilote – à Arzach - publié entre 1975 et 1976 dans le journal Métal Hurlant - et au Garage hermétique, né, lui aussi, pour Pilote, en 1979.
Les différentes planches et dessins sont présentées grâce à un système de vitrines tout à fait cohérent avec l'esthétique des bandes-dessinées: une structure blanche, lumineuse et « protéiforme », un serpent qui se transforme en vaisseau spatial et qui rappelle le ruban de Möbius, mathématicien allemand qui en 1858 décrit ce ruban à une seule face qui à inspiré le pseudonyme de Moebius. « En passant de Giraud à Moebius, j'ai tordu le ruban, changé de dimension. J'étais le même et j'étais un autre. Moebius et la résultante de ma dualité ».(2)
Les planches originales nous dévoilent les différentes techniques de réalisation, ainsi que les corrections et les « pincements » qui ajustent certaines partie des dessins.
Le long du « ruban », une piste sonore accompagne les visiteurs dans la découverte des univers et des personnages de Gir/Moebius.
La création de cette ambiance sonore, très bien réussie, retrace en quelque sorte le flux de pensées, d'images et de mots formant ces univers changeants et, grâce à la mise en marche successive des enceintes, on a l'impression d'être suivi par la voix de l'auteur - qui nous raconte certains épisodes de son travail - ainsi que par des sonorités fluides et mystérieuses que l'on retrouve tout de suite après, dans la salle de projection.
Ici est présenté en avant-première le court-métrage en 3D La planète encore, adaptation d'une des histoires de la série Monde d'Edena de 1983 et réalisé en collaboration avec Geoffrey Niquet et BUF Compagnie.
Résultat d'une collaboration inédite sur les dessins de l'artiste, ce court-métrage devient, notamment grâce au 3D, une véritable immersion dans un monde extraterrestre et atemporel, où les personnages, silencieux, découvrent un temple abandonné et des êtres pétrifiés et où, grâce à un état proche à celui de la transe, ils rencontrent toute une population de créatures volantes qui déclenchent la floraison sauvage de la planète, avant désertique, et qui les oblige à s'enfuir sur leur fusée.
L'on retrouve ici certains éléments clés du travail de Moebius, récurrents dans la quasi totalité de ses œuvres et jouant un rôle fondamental dans son processus créatif:
« Lé désert, la méditation, le rêve, la transe ou encore les cristaux sont autant de conditions propices à la métamorphose, autant de « méta-processus » qui suscitent des changements de perception, emportant les personnages moebiusiens dans des transformations spectaculaires».(3)
La deuxième partie de l'exposition, au sous-sol, présente un accrochage diversifié et original, avec des reproductions de planches monochromes en très grand format, des petits formats en couleurs présentés sur des colonnes lumineuses au centre de la salle, de projections vidéo et de cadres « en nouage », le tout dans une ambiance très sombre et comme suspendue dans le temps et dans l'espace. Au milieu de la salle, un grand cristal, motif récurrent dans ses histoires. En petit format, proche à la carte postale, une série de dessins où figure la faune fantastique de Mars et où l'irréel et l'imaginaire deviennent possibles grâce à l'insertion dans un cadre quasi scientifique.
A clore l'exposition, une deuxième projection vidéo: Métamoebius, Giraud-Moebius métamorphoses, de Damian Pettigrew, coécrit par Jean Giraud et Oliver Gal en 2010: un documentaire inédit qui, encore une fois, nous donne à voir les multiples facettes de cet artiste passionné par les sciences et la nature, la philosophie métaphysique, l'astrophysique et la génétique,toujours en quête du   sens de la vie et de l'origine de l'univers.
                                                                                                                                      Giulietta Gabo

(1) L'œuvre de Jean Giraud avait déjà été présentée à la Fondation Cartier en 1999, dans le cadre de l'exposition 1 monde réel, dédiée au rapport entre réalité, fiction et science-fiction
(2) Jean Giraud, Moebius/Giraud: histoire de mon double, Édition 1, Paris, 1999
(3) Extrait du communiqué de presse de la Fondation Cartier

vendredi 5 novembre 2010

« Parcours de travail » Karl LAGERFELD


L’exposition d’une artiste & créateur de mode, Karl Lagerfeld, qui parle de son parcours de travail depuis 1987 jusqu’à la présente.
L’exposition s’organise en 3 parties.
La 1er, Reportage & Voyage : consacré de thématique  avec des photos architectures et paysages avec la technique sérigraphie (silkscreen) 2 couleurs argent et noir  sur le papier en grande taille de 100cm.
La 2ème, Expérimentale & Novatoire : ce sont des œuvres qui présentent plutôt la divertissement contre la technique et images, pour choisir le meilleur support qui a bien présenté ses travails. Elles se composent des techniques sérigraphie, résinotypie, transfert polaroid rehaussée à la main, tirage Fressons et tirage numérique. 
La 3ème, Mode & Publicité : de son métier, avec pleins de photos de mode et de portrait des célèbres, elles viennent surtout de magazines et publicités.




Après avoir visité l’exposition de KL, je ne trouve pas grande chose intéressante ( mon avis ).
Dans la 1er partie, je trouve que c’est plutôt les photos de voyage simple que l’on peut trouver partout, sur l’internet, les blogs ou même sur facebook. Je ne vois pas qu’est-ce que c’est son propre style dans ses œuvres qu’il voulais les présenter.
La 2ème partie, ce sont des expérimentales de techniques même façon que dans certains cours de l’art ou photo. Il n’y a pas la nouvelle technique ou celles que KL découvrit lui même.
Avec la 3ème partie, il y a beaucoup de photos de mode, publicité & portraits des célèbres, imprimé numérique, que l’on peut les trouver facilement sur l’internet ou même dans les magazines.

Comme affiché le nom de l’exposition « Parcours de Travail » je souhaitais voir la démarche et le fond de la création & la pratique, étape par étape, comment il a crée le travail extraordinaire dans le monde de la mode depuis plus de 20 ans jusqu’à présent, par contre je n’ai trouvé rien dans cette exposition.
Personnellement, je trouve que cette exposition présente plutôt les choses très banales, mais je ne parle pas de travails d’un grand artiste comme KL, je pense que ce sont l’organisation et la présentation de l’exposition qui ne peuvent pas montrer la magnifique de KL.


Expo « parcours de travail », Karl Lagerfeld, MEP
MV ( n° 258296 )

jeudi 4 novembre 2010

Jean Michel Basquiat

Jean Michel Basquiat
Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

1960 Naissance de Jean Michel Basquiat à Brooklyn.
1988 Mort de l'artiste, à New York, à la suite d'une overdose.

2010 Un film, "The Radiant Child", et une enceinte muséale colossale, voici comment Paris célèbre l'anniversaire des cinquante ans de la naissance de Basquiat. Vingt huit ans d'une création sans borne auquel le Musée d'Art Morderne tente de se frotter.

Un parcours en douze étapes pour autant de salles consacrées aux oeuvres monumentales de l'artiste.
Peu d'informations nous sont livrées, s'agit il peut-être d'un parti pris de la part des commissaires Dieter buchhart et Marie Sophie Carron? Comme si ces oeuvres devaient nous parler d'elles mêmes et non grâce à leur cartel, exploser et exposer leur puissance instinctive.
C'est en effet ce qui va se produire, d'entrée de jeu nous sommes subjugués par l'immensité de cette première toile, ses couleurs et sa férocité.
Nous pénétrons peu à peu dans l'univers de Basquiat.
D'abord ses débuts en tant que SAMO, poète des rues, fin 1978.
Viennent ensuite les toiles graffitées, les collages et les quotidiens recouverts de "New York New Wave" (1981); toujours grandioses, pleines de vie, de vices et de hargne.
Les grands formats et son travail en galerie(s). Réseaux de mots énigmatiques, superposition de couleurs... Des références à la musique Jazz de Parker et Miles Davis, à l'esclavage et à la condition Noire.
Enfin, son travail en étroite collaboration avec Warhol. Une quinzaine de tableaux réalisés entre 1984 et 85. On y reconnait leurs deux pattes. Cependant le mauvais accueil qu'il leur sera réservé à l'époque viendra précipiter la fin de leur relation.
Puis, "last but not least", la dernière salle nous révèle les master pieces du génie Basquiat. Ses dernières toiles avant sa mort.
Peintures alternant espaces vides et saturation. Grands formats, couleurs sombres et iconographie morbide (exemples des corbeaux ou des squelettes peints sur des lattes de bois). Des mots, encore des mots, toujours les mêmes, répétés, comme un ensemble de prémonitions, nous rendent visible l'esprit d'un artiste torturé. Alors on observe, on scrute chaque détail des toiles. On tente d'emmener un petit bout de chacune d'entre elles avec nous avant d'achever ce parcours nous aussi.

Tenor
1985
110 x 144 cm

Un parcours qui nous aura bien sonné, et qui ne laissera au final personne indifférent, au regard des nombreuses questions ("laquelle tu préfères toi?") entendues dans les salles. Qu'elles nous dérangent ou qu'on les adore, ces toiles éveillent quelque chose en nous, comme un échos d'instinct brutal à un autre. Une confrontation directe à l'energie pure de "l'enfant génie" à laquelle nous n'échappons pas.

Ann-Flore.
246054.

BASQUIAT
Du 15 Octobre 2010 au 30 Janvier 2011
Musée d'Art Moderne de la ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson
75116 Paris

KISS THE PAST HELLO - Larry Clark

Kiss The Past Hello - Larry Clark
Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Après une petite heure d'attente nous pénétrons dans l'univers sulfureux de Larry Clark. Surtout connu pour ses films au caractère subversif, ce sont ici ses photographies qui sont exposées.
Issé au premier rang de la contre culture Américaine, à travers cette première retrospective, l'artiste nous livre quelques 120 tirages, allant du noir et blanc à la couleur, des années 1960 à nos jours.

Six séries sont mis en scène.
La première est consacrée au travail de Frances Clark, photographe et mère de l'artiste (portraits de nouveaux nés, d'animaux domestiques...). Il s'agit d'une introduction aux oeuvres de Larry Clark lui-même.
Les deux suivantes, Tulsa et Teenage Lust, sont des portfolios noir et blanc du quotidien de l'artiste au début des années 1970. De nombreuses scènes de sexe et de violence sont illustrées, libérées de tout artifice.
Les deux prochaines, Larry Clark 1992 et Punk Picasso, sont une série de photographies prises en studio usant de différentes poses du sujet; et une importante oeuvre autobiographique mêlant photographies et collages.
Enfin, Los Angeles et Jonathan Velasquez (héros latino américain du film "Wassup Rockers") vient conclure ce parcours. Cette série illustre un passage à la couleur et aux grands formats.
Quelques 120 tirages qui viennent finalement mettre en image le passage de l'âge adolescent à l'âge adulte au travers d'expériences initiatiques (découvert du sexe et de la drogue, violences...) aujourd'hui banalisées.
Expériences auxquelles personne n'échappe et ici pourtant censurées aux mineurs, seuls véritables sujets de l'oeuvre de Larry Clark, alors privés de leur miroir.

Ann-Flore.
246054.

LARRY CLARK
Du 8 Octobre 2010 au 2 Janvier 2011

Musée d'Art Moderne de la ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson
75116 Paris

dimanche 24 octobre 2010

walking is the way: esther ferrer en performance au centre pompidou


Une petite femme vêtue d'habits masculins, monte sur la scène de la Petite Salle du Centre Pompidou. C'est le 7 octobre 2010, les 19 heures passées depuis peu.
C'est Esther Ferrer, artiste performer espagnole classe 1937, qui, depuis les années 1960, pratique une art particulière mêlant la rigueur, l'humeur, le détournement et l'absurde1.
Une qualité commune à ses pratiques – commune d'ailleurs à la totalité des expériences de performance des avant-gardes aux années 2000 – fut de déstabiliser les systèmes de convention non seulement des disciplines artistiques, mais de la vie entière.
C'est ainsi que cette performance qui est une conférence ou une conférence qui est une performance2 rompt complètement avec les conventions de la conférence, en conservant de celle-ci que certaines formalités accessoires (bureau, bouteille d'eau, micro, etc.).
La forme essentielle disparaît: pas de voix, pas de mots, pas de médiation conventionnelle pour transmettre des concepts.
Impossibilité du discours: ce qui reste c'est la performance, avec ses attributs, ses adjectifs, ses appellation, ses infinies tentatives de se donner une définition stable et durable. Un hypo-discours sur la performance.
Dans l'impossibilité d'un discours efficace (traditionnel) sur la performance, il ne reste que l'action, la dé-monstration, la pratique, qui finit par coïncider avec l'explication théorique de ce même art. Une théorie qui devient pratique ou une pratique qui devient théorie3.
Esther Ferrer, assise derrière son micro muet, mets en scène l'histoire de la performance, dans toutes ses déclinaisons, jusqu'à rester nue devant ses spectateurs, nues avec son corps d'artiste.
Après, d'un coup, elle commence à donner une voix à ses paroles: seule la biographie peut être dite, avec toutes les difficulté d'un langage qui est, néanmoins, possible, au travers de plusieurs langues.
A la fin d'une carrière c'est ce qui reste: plus de mots pour dire, seule l'action, et la vie.

La deuxième partie de la conférence laisse la parole aux images d'archive, avec la projection des enregistrements vidéo des performances réalisées au gré des années, en Espagne, à Paris, en Pologne...

Pendant la projection, Esther Ferrer intervient, avec une ponctuation de phrases qui éclaircissent certains aspects de son travail: la nécessité d'une structure pour pouvoir transgresser, le refus de la dramatique et de la théâtralité,(« l'erreur au théâtre c'est la catastrophe, l'erreur dans la performance c'est la vie »4), l'importance de l'action sur la parole, même dans une performance radiophonique5 , l'utilisation d'éléments chargés     d'un simple symbolisme,
la désacralisation, la dé-conceptualisation, la  spontanéité, l'adaptation de la performance aux circonstances in situ...

La conférence est terminée, Esther Ferrer laisse la scène, la salle, le Forum -1, le Forum, la Piazza, et tout le monde la suit: elle salue son public avec sa fameuse performance Walking is the way.


 Il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant.6


giulietta gabo




1Ferré Svlvie, communiqué de Presse du Festival d'Art vivant « Polysonneries » de Lyon, 2001
2Esther Ferrer, dans Codes Couleur, journal d'actualité du Centre Pompidou, septembre/décembre 2010, p.62.
3Ibid.
4Esther Ferrer
5TA TE TI TO TU o la agricultura en la Edad Media
6Ce texte apparaît, en espagnol ou en anglais, sur de petit, bout de papier qu'elle laisse derrière elle, collés sur la bande adhésive qui accompagne sa marche pendant cette perfromance.

samedi 16 octobre 2010

oeuvre d'art - fragments

Je vous propose un texte, impulsif et assez vague, qui manque d'informations bibliographiques, mais qui a été écrit à partir d' une nécessité trés forte à d'ajouter quelque chose à l'intervention que j'ai fait aujourd'hui pendant le cours. Merci beaucoup.







Oeuvre d'art - Fragments



"Il y a un moment pendant lequel, pour la première fois, l'œuvre d'art s'offre au regard de celui qui est sur le point de vivre l'expérience artistique. Le spectateur devient le lieu où la matière artistique se dépose. L'être humain s'accorde le temps de toucher, sentir, observer, expérimenter et partager quelque chose avec la matière. Ainsi, il a accès à une expérience tellement singulière et sensible, si unique et exceptionnelle.

Dans ce texte, des fragments liés à ce regard, mais surtout à la matière dans laquelle le regard se dépose, sont proposés: c'est une expérience artistique où le particulier et l'universel convergent et se fusionnent.

La valeur de l'œuvre d'art change, et se décline par rapport au contexte dont elle trouve son origine et d'où elle apparaît. L'activité artistique prend forme dans un contexte spécifique socioculturel dans lequel elle se développe. L'art devient l'un de moyens possibles qui permettent de décrire et raconter la réalité, ses aspects positifs et ses inconvénients. L'art a le pouvoir de façonner le potentiel du monde ; l'art – interprète de son propre temps - est l'expression du réel, des aspects qui le constituent et le fondent. Dans l'art – simultanément cause et effet du contexte historique – le sens est élaboré collectivement. Une vérité unique n'existe pas: l'œuvre d'art devient interprétation, expression et voix de la période – même qui l’a vue naître, de ce qui fut et ce vers quoi l’on tend. L'œuvre d'art est au même temps origine et effet, résultat et résultante.
L'art est en constante devenir : elle change sa forme, son langage, sa technique; elle rend compte des changements perpétuels du contexte où elle est inséré et dont elle est témoin. Devant l'œuvre d'art, on amplifie les facultés perceptives et la possibilité expressive. Autour de l'œuvre d'art, on stratifie des propositions descriptives et beaucoup d'interprétations. Dans l'œuvre d'art, on se jette, parce qu’il faut la vivre.

Mais dans un paysage contemporain multiforme et varié, quelle est la valeur de l'œuvre d'art? Quelle est sa signification profonde? Il faut vraiment s'interroger et comprendre comment elle qualifie l'expérience des êtres humains qui l'aiment et la regardent.
Même si l'objet d'art dans certains cas de l’histoire de l’art s'est effondré, s'est réduit au minimum, ou c'est dématérialisé pour se laisser la chance de devenir un espace vide – qu'est ce que confirme alors la puissance et la force de la matière artistique? En tout cas, quels besoins sont cachés dans l'absence d'un objet à admirer?

La valeur de l'œuvre d'art n'est plus fixe, immuable et immobile, mais elle change dés que l'histoire change. Les contextes évoluent également. Cette valeur change par rapport au spectateur qui revête ce qu'il voit d'une signification profonde, qui investit et façonne la matière visible – vive – à partir de son histoire, ses projections et ses attentes.
Nous souhaitions que l'art exprime la valeur temporelle du présent, mais aussi, paradoxalement, nous lui demandons le contraire: on aimerait que l'œuvre d'art nous prenne et traîne ailleurs, vers un monde que nous ne nous attendions pas, dans un endroit étrange, hautement spirituel, qui nous conduise à percevoir différemment notre vie.
L'art, comme la philosophie et la religion, a un destin transcendant. L'œuvre d'art est la révélation d'un véritable inattendu, mais possible. La chose la plus paradoxale, c'est que l'art utilise et manifeste son sens d'une façon sensible (l'universel sensible théorisé par Kant). Donc, l'expérience artistique est une activité libre, sensible de la matière et dans la matière, qui décèle la spiritualité de l'homme. Par l'art, on prend conscience que, à partir de la singularité, l'être humain peut exprimer l'universel, les intérêts les plus profonds de l'humanité, la vérité de la plus haute esprit, comme dit Friedrich Hegel. L'œuvre d'art est donc la conciliation tendue et double entre le matériel et le spirituel, l'intérieur et l'extérieur, le fini et l'infini, le particulier et l'universel. Et celle-ci est la matrice contradictoire qui toujours la caractérise.
L'œuvre d'art déclenche des interdépendances et des influences mutuelles. Elle active des processus de communication. Nicolas Bourriaud, in Relational Aesthetics, aurait dit que l'interactivité commence avec une poignée de mains qui, dans un sens, est plus intéressante que n'importe quelle relation qui pourrait se réaliser grâce au travers de moyens technologiques. Et ancore que l'artiste invente des relations entre les personnes avec l'aide de signes, de formes, actes ou de gestes". Echanges et relations, donc. Valéry même aurait parlé poétiquement d'une “poignée de mains”. Dans l'expérience artistique, il y a une perspective relationnelle dialogique - l'expérience de la communauté. C'est comme si l'identité exprimée sous la forme d'art se manifestait aux yeux du spectateur, laissant le point de vue purement individuel, en devenant le miroir de l'homme qui lui consacre son regard.
L'identité semble avoir un essence invariante, qui est en constante évolution, qui se forge et vit grâce aux rapports. C'est la rencontre entre le “Je” et le “Tu”, pôles qui se fusionne. Ces composants ouvrent une communication très subtile, qui s’éloigne du point de vue purement individuel, se multiplie et s'étend partout dans le contexte dans lequel elle vit. L'œuvre d'art est communication, bien que l'art commence exactement là où la communication s'arrête. Le regard de l'être humain se dirige vers l'œuvre d'art. Le sujet l'invoque et la reconnaît. Et c'est à cet instant que l'homme se reconnaît universellement.
C'est toujours le spectateur qui décide combien de temps, et comment se consacrer devant l'œuvre d'art. Il la reconnaît comme source de modelage de comportements dans la réalité et dans le monde, et comme fort potentiel pour de nouveaux contacts: avec soi-même, avec les autres, avec le monde. Parce que l'œuvre d'art - présence – sous sa la valeur à la fois universelle et individuelle, offre aux êtres humains plusieurs idées, suggestions, voies et orientations possibles.
Ainsi, nous réalisons qu’avec la seule raison nous ne pouvons pas épuiser l'enquête existentielle des êtres humains, par rapport au sens du monde et des formes. La raison n'épuise pas notre destin. Nous avons besoin de formes qui puissent nous aider à établir un contact humain avec l'universel – soit-t-il un contact sans certitudes, souvent inachevé.
L'expérience artistique est un espace qui doit être vécu et qu'il faut dépasser. L'art est un passage nécessaire pour percevoir le transcendant. Il symbolise la possibilité d’un départ, d'un voyage vers une terre étrangère, vers un autre temps, vers un autre espace. Angoisse inachevée et interminable vers l'inconnu. Universel sensible où l'homme devient la frontière et la liaison du contradictoire, car il s'offre comme limite entre le Possible et l'Impossible.
Lorsque l'horizon métaphysique n'est pas au-delà des choses, il est dans la singularité de chacun de nous. Au-delà de toute limite, tout en vivant la limite elle-même."

Francesca Rolla, 10273461